Anticosti
Historique

PREMIERS TRAVAUX GÉOLOGIQUES

Bien qu'elle ne date pas d'hier, l'exploration pétrolière du bassin sédimentaire d'Anticosti est la plus récente du Québec. Elle a en effet débuté près d'un siècle après les premiers travaux en Gaspésie et dans les basses-terres du Saint-Laurent.

Les premiers travaux géologiques datent du milieu du 19e siècle et ont été consignés dans des rapports de la Commission géologique du Canada. Au début du 20e siècle, les travaux du paléontologue américain W. H. Twenhofel ont permis de mieux caractériser la nature et l'âge des roches de surface de l'île. Ils mentionnaient également la présence de blocs de shale noir bitumineux sur la côte nord de l'île. M. Twenhofel entrevoyait déjà le potentiel pétrolier de cette formation.

Premiers forages

Les premiers forages sur l'île d'Anticosti ont eu lieu en 1962 et les premiers levés sismiques l'année suivante. Une vingtaine d'autres forages ont suivi en courtes vagues successives. Shell, entre autres, a lancé une campagne d'exploration dans les années 1990 avec l'acquisition de nombreux profils sismiques et des forages. Des indices d'hydrocarbures ont été rencontrés lors des forages, mais ils n'étaient pas considérés comme économiquement intéressants. 

Jusqu'à 2010, année où Pétrolia et Corridor Resources ont foré trois puits conventionnels sur l'île pour évaluer le potentiel des groupes de Trenton/Black River, les travaux d'exploration visaient des réservoirs dans les formations calcaires de la partie inférieure de la séquence sédimentaire. Les réservoirs recherchés étaient liés à la dolomitisation hydrothermale des calcaires et à la création de porosité secondaire. Cette dolomitisation hydrothermale se retrouve le plus souvent près de zones de failles et elle est associée à des affaissements appelés en anglais sags. Les forages dans les zones de dolomitisation n'ont pas donné les résultats escomptés.

Depuis 2010

En 2010, Pétrolia et Corridor Resources ont extrait et analysé une carotte de 9 m de longueur dans les shales de la Formation de Macasty afin de vérifier le potentiel de la formation à produire un pétrole de roche mère (shale oil). Sur la base des résultats positifs d'analyses de carottes en laboratoire, l'objectif premier dans le bassin d'Anticosti est devenu l'exploration de la Formation de Macasty.

Afin de confirmer ces résultats, Pétrolia et Corridor Resources ont réalisé en 2012 trois sondages stratigraphiques dans la partie ouest de l'île. Les sondages étaient localisés sur les tracés de profils sismiques afin de valider l'interprétation des lignes sismiques quant à la profondeur et à l'épaisseur de la Formation de Macasty. Ces sondages ont permis d'extraire des carottes continues de toute l'épaisseur de la Formation de Macasty. Des échantillons ont été prélevés du Macasty tous les 50 cm dès que la carotte était extraite du carottier. Ces échantillons étaient immédiatement enrobés de paraffine afin de préserver les hydrocarbures à l'intérieur de l'échantillon. Ils étaient ensuite analysés pour connaître leur contenu en hydrocarbures et les caractéristiques de ces derniers. D'autres analyses ont permis de connaître la composition de la roche et ses paramètres pétrophysiques comme la perméabilité et la porosité.

En plus des carottes, 14 anciens puits de forage ont été analysés afin de déterminer leur richesse en matière organique et leur maturation (par la méthode d'analyse géochimique du Rock Eval). Au total, environ 900 échantillons ont été analysés. Les résultats obtenus indiquent que la Formation de Macasty est une excellente roche mère et possède une teneur élevée en matière organique.

Dans une étude récente, les résultats de 2012 de la Formation de Macasty ont été comparés à ceux de la Formation de Point Pleasant (Utica) en Ohio. Selon l'étude, les deux formations sont similaires en termes d'épaisseur, de matière organique, de composition, etc. La Formation de Macasty serait l'équivalent latéral de la Formation d'Utica.