Anticosti
Géologie

ANTICOSTI

Anticosti est l'un des trois grands bassins sédimentaires du Québec recelant un potentiel pétrolier. Le bassin a été sommairement exploré (19 puits pétroliers et 3 sondages stratigraphiques forés). Les travaux exploratoires ont contribué à une réinterprétation de la géologie afin de déterminer d'autres cibles potentielles.

L'analyse des résultats acquis n'est pas terminée. Hydrocarbures Anticosti S.E.C. investit dans d'autres sondages stratigraphiques et dans d'autres analyses afin de déterminer la quantité d'hydrocarbures pouvant potentiellement être récupérée et identifier les meilleures techniques d'extraction à employer. Les résultats de ces nouvelles analyses serviront à évaluer la rentabilité du projet.

En 2011, la firme Sproule Associates Limited a établi à 33,9 milliards de barils équivalents pétrole la meilleure estimation (P50) du volume initialement en place non découvert. Cette estimation a été établie sur la base des 38 permis d'exploration de Pétrolia et de Corridor Resources qui font maintenant partie des actifs d'Hydrocarbures Anticosti et est fondée sur les résultats d'analyses de plusieurs puits.

Géologie de l'île d'Anticosti

L'île d'Anticosti appartient à un bassin sédimentaire du Paléozoïque inférieur qui englobe toutes les roches de surface et de sous-surface de l'île jusqu'au socle précambrien du Bouclier canadien. Le bassin sédimentaire s'étend sous les eaux du golfe du Saint-Laurent, et ce, jusqu'à la Côte-Nord et dans la région de Havre-Saint-Pierre, vers l'est jusqu'à proximité de Terre-Neuve, et vers le sud et l'ouest, jusqu'à une zone de faille située sous le Saint-Laurent qui le sépare des Appalaches.

Les roches sédimentaires de ce bassin ont été déposées dans un océan ancien (océan Iapétus) sur la marge méridionale de Laurentia, le protocontinent nord-américain. La phase de sédimentation s'étend sur une période d'environ 50 millions d'années entre l'Ordovicien inférieur (485 Ma) et le Silurien inférieur (435 Ma). Au sud de l'île, en profondeur, les formations rocheuses sont plus épaisses qu'au nord. Ces variations dans l'épaisseur des sédiments sont dues à ce que le bassin sédimentaire s'approfondit vers le sud, de sorte qu'il s'y déposait plus de matériaux. Les strates sont légèrement inclinées vers le sud, de sorte qu'une plus grande épaisseur de sédiment a été conservée.

La sédimentation n'a toutefois pas été continue durant cet intervalle de temps. La partie inférieure du bassin, la plus ancienne, s'est déposée avec des périodes d'arrêt pendant lesquelles les roches déposées étaient exondées et érodées, et d'autres périodes pendant lesquelles il y a eu arrêt de la sédimentation sans érosion. La sédimentation de la partie supérieure du bassin ne semble pas avoir connu d'interruptions comparables.

Ces roches témoignent de plusieurs phases dans le développement de la marge continentale de Laurentia. Dans une première phase, une plate-forme continentale s'est développée sur la marge externe du continent Laurentia alors situé à cheval sur l'équateur. L'essentiel des sédiments déposés sur cette plate-forme est constitué de calcaire. Cette première phase a été suivie d'une période d'exhumation et d'érosion. Puis, la sédimentation de calcaires s'est poursuivie jusque dans l'Ordovicien supérieur, suivie de périodes où le calcaire a été remplacé par des roches argileuses.

La phase suivante, aussi de l'Ordovicien supérieur, est la sédimentation des argiles noires riches en matière organique de la Formation de Macasty. Cette phase correspond au paroxysme d'une des phases tectoniques de l'orogénèse appalachienne (appelée orogénèse taconienne) alors que l'océan Iapétus se refermait à la suite du rapprochement des plaques tectoniques Laurentia et Gondwana.

Les couches suivantes, constituées de boues consolidées, de grès et de calcaires, correspondent à la destruction et à l'érosion des roches soulevées par l'orogénèse taconienne et à l'établissement d'une autre marge continentale dans un bassin intracratonique. Finalement, une sédimentation essentiellement calcaire marque la sédimentation silurienne.

Les roches du bassin d'Anticosti sont peu plissées et ne sont affectées que par quelques failles importantes. Dans l'ensemble, les strates sont inclinées vers le sud-ouest avec un pendage de 1° ou 2° formant une cuesta inclinée vers le sud. Plusieurs failles relativement peu importantes affectent les strates de la partie inférieure du bassin, mais ne traversent pas la partie supérieure de la séquence sédimentaire.